• «Je ne suis pas un franc-tireur»

    «Je ne suis pas un franc-tireur»

    François Hollande, le 4 juin 2008.

     

    À six mois du congrès, la bataille des ego est-elle repartie au PS?
    Certaines personnalités s'annoncent, c'est normal, mais ça ne doit pas résumer le prochain congrès. L'enjeu est de savoir sur quelle ligne politique et avec quelle majorité le PS sera dirigé. Si on n'est que dans la compétition ou l'empêchement, il sera difficile de convaincre les Français.

    Déposerez-vous une motion au congrès?
    Pour l'instant, nous n'en sommes pas là, mais au stade des contributions. J'en déposerai une pour participer au débat sur le fond.

    Y a-t-il des différences entre Royal, Delanoë et Aubry?
    On le verra à l'occasion des orientations qui seront présentées, et aussi des soutiens reçus qui parfois indiquent encore davantage. Je rappelle que les trois que vous citez étaient dans la même majorité – la mienne – dans tous les congrès du PS depuis dix ans. Ils ne sont donc pas si dissemblables.

    Après onze ans à la tête du PS, quels sont vos regrets?
    Je regrette que les succès très importants des élections européennes et régionales en 2004 se soient fracturés en 2005 sur le référendum européen. Là, pour le coup, je n'ai pas trouvé la synthèse.

    Que conseillez-vous à votre successeur?
    À ceux qui prétendent à être premier secrétaire, je conseille la cohérence et l'esprit de rassemblement. Quel que soit mon successeur, je l'aiderai.

    Le PS fait sa rénovation sur 20minutes.fr, ça se passe par ici

    Vous préparez-vous pour 2012?
    Il vaut mieux que le PS prépare 2012, mais je ne suis pas un franc-tireur.

    Ségolène Royal peut-elle être candidate en 2012 hors du PS?
    Elle veut prendre sa part au débat, et celle qui a été notre candidate doit être respectée. Ça ne veut pas dire pour autant qu'il faille offrir le PS à celui ou celle, en 2008, qui le demande. Le prochain premier secrétaire, rien ne doit lui être interdit.

    Le débat lancé par Delanoë autour du libéralisme est-il central au PS?
    L'heure n'est pas à une bataille de mots sur notre identité. Les Français attendent surtout des socialistes qu'ils s'occupent d'eux et non pas d'eux-mêmes, sinon le risque c'est la coupure.

    Au profit d'Olivier Besancenot?
    Je vois bien la stratégie de Nicolas Sarkozy de voir se créer à l'extrême gauche un espace qui rendrait plus difficile les prochaines élections pour le PS.

    Sarkozy veut-il faire avec Besancenot ce que Mitterrand a fait avec Le Pen dans les années 1980?
    C'est ce qui se dit dans les rangs de la majorité. Je ne compare pas extrême droite et extrême gauche, mais c'est à nous, par la qualité de nos réponses, de déjouer les pièges.

    S. Pouzet / 20 MINUTES ¦ François Hollande, le 4 juin 2008.

     
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    Recueilli par Stéphane Colineau et Bastien Bonnefous


    20 Minutes, éditions du 13/06/2008 - 09h51


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