• Les propos indignes de Nicolas Sarkozy sur l'Allemagne

    Les propos indignes de Nicolas Sarkozy sur l'Allemagne

    Le 7 mars dernier à Caen, le 31 mars à Nice puis une fois encore dans la revue Philosophie Magazine, Nicolas Sarkozy a tenu des propos sur l’Allemagne indignes de quelqu’un ayant l’ambition d’être Président de la République : « Il y a beaucoup de nations à travers le monde qui traversent des crises sociales, monétaires, politiques, et qui n’inventent pas la solution finale ni ne décrètent l’extermination d’une race. […] La France a été humiliée, bafouée sous l’Occupation. Cela l’a-t-elle conduite à perpétrer un massacre ? »

     

    De tels propos sont la négation de la réconciliation franco-allemande construite depuis 50 ans par tous les Présidents de la Cinquième République : Charles De Gaulle avec Conrad Adenauer, Valéry Giscard d’Estaing avec Helmut Schmidt, François Mitterrand avec Helmut Koll. Plus récemment Jacques Chirac et Lionel Jospin avec Gerhard Schröder et Angela Merkel. Les mains jointes de François Mitterrand et Helmut Koll devant les tombes de Verdun en reste aujourd’hui le plus émouvant symbole. Un candidat qui dit et répète ces attaques inadmissibles contre notre principal partenaire européen, de surcroît alors que l’Allemagne, avec Angela Merkel, préside l’Union Européenne, n’est pas digne d’accéder à la fonction de Président de la République Française.

     

    Ces attaques sont une nouvelle preuve de la brutalité du candidat de la droite. Il ne conçoit les relations entre les individus, les catégories sociales et même les peuples qu’en terme de rapport de force et d’affrontement. On le savait déjà dangereux pour la cohésion nationale. Il se révèle menaçant pour l’image et l’influence de la France en Europe. Ce dont notre pays a besoin pour défendre ses intérêts et pour poursuivre l’union de l’Europe, c’est d’une présidence apaisée, sereine, volontaire et respectueuse de nos partenaires européens. Ségolène Royal sera cette Présidente.

    Les propos de Nicolas Sarkozy sur la solution finale déclenchent une polémique en Allemagne
    Le Frankfurter Allgemeine Zeitung a publié un article intitulé "Sarkozy s'en prend à l'Allemagne" après que ce dernier en meeting les 7 et 31 mars puis dans la revue Philosophie Magazine, ait expliqué que « la France n'a pas à rougir de son histoire », n'a pas « commis de génocide », ni « inventé la solution finale ».
    De tels propos sont la négation de la réconciliation franco-allemande construite depuis 50 ans par tous les Présidents de la Cinquième République.

    «Bayrou n'est pas propriétaire de ses électeurs»

    La candidate socialiste Ségolène Royal (c) avec des employées d'un supermarché, le 18 avril 2007 à Paris 

    Eric Feferberg AFP ¦ Ségolène Royal a dénoncé mercredi, avant de se rendre dans un supermarché du 13ème arrondissement de Paris, "une logique d'élimination des salariés" dans la grande distribution où "le salariat féminin est le prolétariat d'aujourd'hui".

     
    Suite de notre série d'interviews des candidats à la présidentielle. Aujourd'hui, Ségolène Royal répond aux questions de «20 Minutes».

    Si vous êtes élue le 6 mai, quelles seront vos premières mesures?

    Je lancerai un inventaire sur le train de vie de l’Etat et de l’Elysée, pour le réduire et en assurer la transparence. Savez-vous qu’aujourd’hui les parlementaires ou les journalistes qui ont voulu avoir accès aux comptes de l’Elysée, n’ont pas pu? Ce sera ma première mesure symbolique extrêmement forte car je crois que dans une vraie démocratie, il faut éviter toute dérive monarchique.

    Le gouvernement sera t-il concerné?
    Oui, les ministres ne pourront plus faire prendre en charge leurs dépenses privées aux frais des ministères. Je ne veux plus de familles entières nourries, logées et blanchies aux frais des contribuables. S’ils habitent les ministères pour des contraintes professionnelles, ça peut se justifier ; mais si leurs familles sont avec eux, elles devront payer leurs frais personnels. Je ne veux plus de logements de fonctions. J’ai le souci d’un Etat modeste qui donne l’exemple.

    Au-delà de cette mesure symbolique, quel est votre premier grand chantier?
    Je veux réunir immédiatement une conférence pour relancer la croissance, l’emploi et revaloriser les bas salaires. Ce travail a été préparé puisque je suis la seule candidate à avoir rencontré l’ensemble des organisations syndicales. Cette campagne, je l’ai conçue comme une façon d’être prête le jour de l‘élection.

    Avec les contrats aidés, la lutte contre le chômage des jeunes semble votre première priorité?
    C’est une des clés de la croissance. Quand une famille voit qu’un jeune diplômé est au chômage, cela décourage et touche toutes les générations. La France est le seul pays où les entreprises font aussi peu confiance aux jeunes. Notre pays a besoin de nouvelles règles du jeu. Quand l’Etat donne un certain nombre de choses, en contrepartie il doit en attendre d’autres. Par exemple, pour les jeunes diplômés, je crée les contrats-tremplins. L’Etat prend en charge pendant six mois la rémunération et les cotisations sociales du jeune, mais en contrepartie, l’entreprise prend du temps pour insérer ce jeune. L’entreprise doit faire un effort en contrepartie de l’avantage qui lui est accordé.

    Le patronat vous semble-t-il réceptif?

    Oui, une partie du patronat, que j’ai rencontrée. Ce sont des jeunes dirigeants prêts à entrer dans la logique nouvelle du gagnant-gagnant et qui ont compris que l’efficacité économique passe par le dialogue social. Les entreprises qui embauchent des jeunes, se sentent flouées puisque les entreprises qui ne le font pas, ont aujourd’hui les mêmes aides publiques. Quand François Bayrou promet deux emplois exonérés de charges pendant cinq ans, ce n’est pas normal. Qui en bénéficie? C’est aussi bien les entreprises qui ont licencié que celles qui créent des emplois, celles qui augmentent les salaires et celles qui ne le font pas. Il faut du donnant-donnant, sinon on crée des effets d’aubaines.

    Si au bout des 6 mois, une entreprise ne garde pas son emploi tremplin?
    Si elle ne le garde pas sans pouvoir le justifier, elle rembourse les six mois de salaires, et elle n’aura pas droit de prendre un autre jeune sous ce contrat. Et si elle embauche un autre salarié pour le même emploi, elle n’aura pas droit aux exonérations de charges. Il faut de nouveaux deals équilibrés.

    Que faire contre les délocalisations?
    Je veux une règle implacable: les entreprises qui licencient ou délocalisent alors qu’elles font des bénéfices, rembourseront toutes les aides publiques reçues. Elles réfléchiront à deux fois avant de délocaliser. Je veux un cercle vertueux. Les gens me connaissent, ils savent que je ne faiblirai pas. Je ne dépends d’aucun lobby, d’aucune puissance financière. Le gouvernement, lui, a donné son accord explicite pour que Noël Forgeard quitte EADS avec plus de 8 millions d’euros. Nicolas Sarkozy était alors membre du gouvernement. Il est donc incroyable qu’il s’offusque aujourd’hui de ces parachutes dorés.
    Vous êtes donc pour interdire les parachutes dorés?
    Evidemment! Et surtout s’il a mis une entreprise en difficulté.

    Il faut une loi?
    Oui. D’abord pour rétablir la transparence sur la rémunération des hauts dirigeants des entreprises. Cette loi existait mais la droite, avec Nicolas Sarkozy, l’a supprimée. Ensuite, avec moi, les organisations syndicales seront membres des conseils d’administration, comme c’est le cas d’ailleurs partout en Europe sauf en France. Elles pourront donc exercer leur contrôle sur ces rémunérations.

    Intervenir sur les parachutes dorés est possible dans les entreprises où l’Etat est actionnaire, mais pas dans les autres.
    Sauf si l’on vote une loi imposant une répartition plus équilibrée des stocks options au profit des salariés. C’est le cas en Suède. Et il faut aussi que la loi limite les écarts de rémunération dans les entreprises.

    Le modèle scandinave que vous évoquez a un composante libérale forte : pas de loi sur le temps de travail, indemnités chômage plafonnées … La France est-elle prête à cette flexi-sécurité?
    On ne peut jamais plaquer à l’identique le système d’un pays sur un autre. Il faut regarder ce qui marche et est compatible avec le système français.
    Ces pays ont réduit de 15% leurs nombres de fonctionnaires. Vous en faites autant ?
    Non, ce n’est pas le modèle social français. Mais avec ma réforme de la régionalisation, je mettrais fin aux doublons, aux doubles emplois, aux superpositions de structures dont on souffre: la commune, la communauté de communes, le département, la région, l’Etat. Je veux répartir les responsabilités.

    Faudra-t-il supprimer des postes de fonctionnaires?
    Il ne s’agit pas de supprimer des emplois, mais de faire mieux travailler les fonctionnaires pour améliorer les services publics. Si les services publics fonctionnent bien, ils contribuent à la croissance. Quand Nicolas Sarkozy parle de supprimer un fonctionnaire sur deux, il leur dit : votre travail ne sert à rien. Il dresse les gens les uns contre les autres. Moi, je veux faire le contraire. Quand on demande aux entreprises étrangères pourquoi elles investissent en France, elles citent en premier le bon fonctionnement des services publics : c’est le transport, la santé, l’éducation…

    Je suis licencié le 1er janvier 2008, en quoi votre sécurité sociale professionnelle m’aide-t-elle à retrouver un emploi?
    Parce que vous ne serez pas licencié. Je m’explique: une entreprise perd un marché et doit adapter sa masse salariale. Au lieu de faire un plan social qui la déstabilise et traumatise les salariés. On donne aux salariés la sécurité sociale professionnelle. C’est le système danois ou suédois. Vous n’êtes pas licencié, vous gardez votre poste, votre salaire est payé par les pouvoirs publics, le tout pendant un an, mais vous êtes encouragé à préparer votre avenir, soit en suivant une formation ou une reconversion, soit en acceptant une autre affectation dans l’entreprise, soit en créant votre propre entreprise. On l’a expérimenté dans ma région, ça marche.

    La région Ile-de-France, dirigée par le PS, a décidé de la gratuité des transports pour les Rmistes? C’est une bonne mesure?
    Ce n’est pas le bon critère à mon avis, car c’est un critère de statut, et non pas de revenu. Un travailleur à temps partiel ou un étudiant qui ne gagne pas plus qu’un Rmiste, doit aussi avoir droit à la gratuité des transports. Il ne faut pas décourager le travail. Dans mon projet, je reprends le revenu de solidarité active inventé par le président d’Emmaüs, qui incite un Rmiste à retrouver du travail, en lui assurant de gagner 30% de plus que ce qu’il avait en restant au RMI.

    Nicolas Sarkozy le propose aussi...
    Je constate qu’il m’a repris beaucoup d’idées. Comme la valeur travail, ou maintenant le co-développement. Mais il les reprend en les déformant.

    Avez-vous déjà en tête votre futur gouvernement?
    Oui, pour l’essentiel. Mais je n’en dirai pas plus, les Français doivent d’abord choisir librement les 22 avril et 6 mai.

    Bernard Kouchner et Michel Rocard multiplient les appels du pied vers François Bayrou. Pourquoi n’arrivez pas à tenir votre propre parti?
    Je ne fais pas de la politique comme cela. Ce qui m’intéresse, ce sont les problèmes de la France, pas les petits arrangements particuliers.

    Vous ne pouvez pas faire taire les éléphants?

    Ma seule préoccupation, au cours de cette campagne, a été de rendre la parole aux Français, de les écouter pour agir juste. Je l’ai fait en toute liberté, et c’est en femme libre que je me présente à leurs suffrages.
    Je veux le socialisme du réel, je suis pragmatique. Je ne suis pas embarrassée de dogme. Je ne dépends d’aucune puissance financière, d’aucun courant du parti, je n’ai personne à placer. Cette liberté-là, c’est ce qui fait ma force.

    C’est aussi pour cela que vous êtes sûre d’être au second tour?
    Non, tant que les Français n’ont pas encore voté. Les instituts de sondage ne disent jamais qu’il y a 40% de personnes indécises ou qui refusent de répondre. Ce qui donne une idée du peu de fiabilité de tous les sondages qui placent Nicolas Sarkozy en tête. Les électeurs doivent savoir que chaque fois qu’il y a eu un mauvais sondage pour moi, j’ai reçu des propositions des instituts de réaliser une enquête complémentaire pour en savoir plus sur ma prétendue baisse. Je les ai bien sûr éconduits.

    Ces 40% d’indécis peuvent être davantage séduits par la stratégie de François Bayrou…
    François Bayrou a été président de conseil général. Qu’a t-il fait? On ne m’a pas cité une seule chose qu’il ait faite. Il a été ministre? Il a mis un million de personnes dans la rue et il a ensuite arrêté de réformer. Qu’est-ce qui se passe dans les régions, les départements, les villes où il y a des élus UDF? Jamais ils ne votent avec les socialistes. Même quand les mesures sont bonnes. Dans ma région, j’ai rendu les livres gratuits pour les lycéens, j’ai créé 500 places d’apprentissage pour les jeunes, j’ai mis en place la sécurité sociale professionnelle, j’ai fait baisser l’endettement, je n’ai pas augmenté les impôts. Est-ce que l’UDF a voté ce budget? Non. Ils ont voté avec l’UMP.

    Si François Bayrou appelle à voter pour vous entre les deux tours, vous lui tendez la main?
    Ce n’est pas une question de personne. François Bayrou n’est pas propriétaire de ses électeurs. Le critère, ce sont ceux qui se rassemblent sur le Pacte présidentiel que je propose aux Français. Ce ne sont pas des ralliements de personnes, ça c’est fini, c’était la IVe République.

    Et s’il y a un ralliement sur la base des projets?

    Tous ceux qui se rallieront autour de mon projet pour la France feront partie de la majorité. Ça ne se fait pas par de petits arrangements de personnes dans le dos des électeurs avant le premier tour. Ceux qui se livrent à ce petit jeu le font pour m’affaiblir.

    Il y aura une négociation entre vous et François Bayrou entre les deux tours?

    S’il souhaite battre la droite au second tour, puisque c’est ce qu’il déclare aujourd’hui, il prendra ses responsabilités. On mesurera alors la sincérité de ses propos. Ou bien préférera-t-il sauver ses circonscriptions électorales puisqu’il a un électorat de droite, par un accord avec l’UMP? Ça va dépendre de lui.


    20Minutes.fr, éditions du 18/04/2007 - 20h39


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