| Japprends avec infiniment de tristesse la mort dAimé Césaire, dans sa ville de Fort de France pour laquelle, jusquau bout, il sest passionné. En ce jour de deuil, je pense à la peine de sa famille, de ses proches, de celles et ceux qui ont combattu et bâti à ses côtés. Une grande voix sest éteinte, celle dun homme de conviction, de création, de témoignage, qui fut sa vie durant un éveilleur de conscience, un éclaireur de notre temps, un démineur dhypocrisies, un porteur despoir pour tous les humiliés, un combattant inlassable de lhumaine dignité. « Ma bouche », écrivait-il dans le somptueux Cahier dun retour au pays natal, « sera la bouche des malheurs qui nont point de bouche, ma voix la liberté de celles qui saffaissent au cachot du désespoir ». Il a tenu parole, fidèle au parti pris de toute une vie. Je me souviens davoir relu son Discours sur le colonialisme lorsquen 2005, il nous fallut contrer loffensive négationniste du gouvernement de droite qui osait affirmer les « bienfaits » de la période coloniale. Un demi-siècle plus tôt, Césaire avait déjà tout dit : « on me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemins de fer. Moi, je parle de milliers dhommes sacrifiés ». Jexprime aussi ma reconnaissance profonde au président dhonneur du comité de soutien de la campagne présidentielle, et à léminent symbole de la France métissée que jai défendue dans mon discours de Fort de France. |
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