«DSK est critiqué parce quil est français»
Olivier Laban-Mattei AFP/Archives ¦ Dominique Strass-Kahn à Sarcelles le 17 juin 2007
La candidature de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI
est critiquée par la Russie et un éditorial du quotidien «Financial Times» qui ne le considère pas comme «intellectuellement crédible».
Jean-Paul Fitoussi, président de lOFCE, dénonce ces attaques.
Considérez-vous que les attaques dont fait lobjet Dominique Strauss-Kahn sont justifiées?Tout dépend des critères que lon utilise. Si on se réfère aux critères de la qualité et de la sensibilité aux problèmes mondiaux et notamment aux problèmes des pays en développement, alors la candidature de Dominique Strauss-Kahn est intrinsèquement la meilleure. Mais aujourdhui, Dominique Strauss-Kahn est plutôt critiqué parce quil est français. Certains pays, comme le Royaume-Uni, ne souhaitent pas dun Français à la tête du FMI. Les Russes le critiquent au nom du partage des pouvoirs entre lUnion européenne et les Etats-Unis pour ce qui concerne les institutions de Bretton Woods (un Européen à la tête du FMI, un Américain à celle de la Banque mondiale). Mais le critère de nationalité nest pas vraiment le même que celui de la qualité.
Les Russes et le «Financial Times» remettent pourtant en cause sa «légitimité politique» et son «autorité intellectuelle»
.En ce qui concerne sa légitimité politique, je ne vois pas vraiment ce quon pourrait lui reprocher par rapport au précédent président du FMI. Idem du point de vue des compétences. Il se peut que derrière, il y ait une critique de droite vis-à-vis dun homme de gauche. La politique quil pourrait mettre en uvre pourrait faire évoluer le FMI dans un sens qui ne satisferait pas forcément les milieux conservateurs.
Ces critiques peuvent-elles avoir une incidence sur sa candidature?Sur sa candidature, je ne pense pas. Sur sa nomination, je ne lespère pas. Cela serait tout de même surprenant, pour un candidat soutenu par lUnion européenne, qui comprend les Anglais. Le «Financial Times» nest pas le porte-parole du gouvernement britannique, mais le quotidien des milieux conservateurs qui aimaient beaucoup ce que faisait le FMI lorsquil obligeait les pays en développement à pratiquer des cures daustérité très coûteuses humainement.
Olivier Laban-Mattei AFP/Archives ¦ Dominique Strass-Kahn à Sarcelles le 17 juin 2007
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Propos recueillis par Pierre Koetschet
20Minutes.fr, éditions du 28/08/2007 - 18h36