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Selon une dépêche AFP, François Bayrou affirme que Nicolas Sarkozy lui avait proposé une alliance anti-Chirac.
François Bayrou affirme que Nicolas Sarkozy lui avait proposé il y a trois ans une "alliance" contre Jacques Chirac, dans des propos dont le site internet du journal Sud-Ouest diffuse mercredi un enregistrement. "Je te propose une alliance contre Chirac. On va faire les jeunes et on va le démoder, lui qui est vieux. On va lui faire la guerre et, au bout du compte, on fait une alliance contre Chirac", aurait déclaré M. Sarkozy, affirmait François Bayrou en mars dernier, s'exprimant en "off" devant des lecteurs du journal.
Nicolas Sarkozy aurait proposé ce pacte en 2004 lors d'un dimanche après-midi passé avec M. Bayrou chez le journaliste Jacques Chancel, dans les Hautes-Pyrénées.
"Ca ne m'intéresse pas. Je ne veux pas faire d'alliance avec toi. Je ne veux pas faire une alliance contre Chirac sur le critère de l'âge. Cela ne me ressemble pas. Alors, tu fais ce que tu veux, mais moi, je ne le ferai pas" déclare M. Bayrou, en réponse à Nicolas Sarkozy, avant d'ajouter: "Depuis, en effet, il y a comme un froid entre nous..."
"On ne peut pas rencontrer plus différents que Nicolas Sarkozy et moi", a affirmé par ailleurs M. Bayrou, expliquant qu'il n'avait "pas parlé avec Nicolas Sarkozy depuis trois ans".
L'enregistrement des propos de M. Bayrou, effectué le 16 mars au cours d'un entretien avec des lecteurs dans les locaux de Sud Ouest à Bordeaux, est à la fois diffusé sur le site et retranscrit dans les pages du quotidien : Cliquez ici
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Le petit Nicolas et ses grands amis Vu de Belgique, les médias français ont tous rallié Nicolas Sarkozy. Par connivence ou par calcul.
Les Français ne sen rendent peut-être plus compte tellement ils ont le nez dedans, mais vue dici la manière dont la quasi-totalité des médias sest rangée en ordre de bataille derrière Sarkozy est proprement sidérante. Ce type peut dire tout et son contraire sans que personne ou presque ne sen émeuve, de même quest notée comme anecdotique lincroyable posture qui consiste en tant que ministre de lIntérieur à organiser une élection à laquelle on se présente.
De plus, question conneries, Sarkozy se permet tout et effrontément sans que quiconque relève la supercherie : plus cest gros, mieux ça passe. Un exemple : dans la seule émission de TF1 du 5 février, il assène que la moitié des salariés français gagnent le smic ; vérification faite, ils sont 17 %. Il parle du baril de pétrole qui aurait atteint 90 dollars alors quen réalité il na jamais dépassé les 78 dollars ; puis, emballé par sa démonstration, il évoque ces temps affreux où linflation, en France, était à 24 %. Depuis que les statistiques existent, le pic le plus élevé indique 14 %. Tout faux, donc, et plus grave que la bravitude lâchée par Ségolène Royal. Mais peu importe, cest elle qui est conne. Dailleurs, une femme, hein
Comment expliquer cet alignement ? Eh bien, cest une belle histoire damitié entamée en 1983, et cultivée et arrosée sans relâche depuis. Patiemment, le déjà futur président de la République sest fait pote avec ceux qui dirigent les entreprises de presse et les journalistes qui vont avec : Martin Bouygues (TF1), Serge Dassault (Le Figaro, LExpress, LExpansion et des cadors de la presse régionale), Arnaud Lagardère (Paris-Match, Le Journal du dimanche, etc.), Alain Minc (président du conseil de surveillance du Monde), François Pinault (Le Point) et le milliardaire Bernard Arnault, très présent dans la presse économique. Jen passe. Du beau linge. Tous de droite. <?XML:NAMESPACE PREFIX = O /><O:P></O:P>
Est-ce à dire que tous les journalistes de ces organes de presse roulent sciemment pour Sarkozy ? Evidemment non, mais comment aller à lencontre de la ligne éditoriale de son patron sans risquer sa tête comme Alain Genestar (pas vraiment un gauchiste), le boss de Paris-Match, viré pour avoir publié des photos de Cécilia Sarkozy et de son amant ? Et puis, dans le fond, il est plus facile de se glisser dans le courant dominant que de ramer à contre-courant. Puisque les jeux sont faits, nous dit-on, pourquoi passer pour le ringard de service ? Je vous le demande. Tous les journalistes ne sont pas des héros.
Cette presse bien-pensante court pourtant un double risque : écurer les électeurs et une fois de plus leur donner limpression quils nont pas le choix, que laffaire est pliée. Sans remonter jusquà Balladur en 1995 qui allait triompher les doigts dans les narines, cétait cousu, rappelons-nous le référendum de 2005 sur la Constitution européenne. Limmense majorité des médias militaient pour le oui, et cest tout juste si on ne traitait pas dinciviques ou de traîtres à la patrie les Français qui trouvaient le gâteau indigeste. Cette année-là, le mépris des élites autoproclamées fut tel quelles se trouvèrent fort dépourvues lorsque le non fut venu.
Quoi quen pensent et on sen fout un peu les Glucksmann, Finkielkraut, Gallo, Hanin et autres retourneurs de veste, Sarkozy traîne dans son sillage agité un bric-à-brac de brutalité, de démagogie et darrivisme aux relents berlusconiens. Que la presse béate à sa botte continue à confondre journalisme et stratégie de communication, et elle en dégoûtera les Français. Pas trop tôt, jespère. Pile poil au deuxième tour. Sans Le Pen. <O:P></O:P>
Léon Michaux Le Journal du mardi <O:P></O:P> |