La sortie spectaculaire de Jean Marie Bockel le secrétaire dÉtat français à la Coopération dont les propos très critiques à lencontre de la gestion des revenus pétroliers par certains pays dAfrique centrale, tenus le 15 janvier à Paris na pas fait que des heureux.
Les présidents Bongo Ondimba (Gabon), Sassou Nguesso (Congo) et Paul Biya (Cameroun) sen sont émus et lont fait savoir à lÉlysée.
Cependant Jean Marie Bockel persiste à « signer lacte de mort de cette vielle françafrique » selon ses propres termes.
Dans une interview accordée le 3 février dernier à lhebdomadaire « Jeune Afrique » Jean-Marie Bockel affirme qu « il y a eu, en effet, quelques coups de fil » de Bongo, Biya et Sassou, tous inquiets de sa nouvelle politique. « Je compte revoir le président gabonais Bongo et mexpliquer franchement avec lui
Le président Camerounais Biya « a passé - ou fait passer - un coup de téléphone de vérification, sans plus ». « Quant au président Sassou Nguesso, je lui ai fait transmettre le message que jétais à sa disposition ».
Cependant le Secrétaire dEtat Français persiste sur sa politique. « Cela dit, je ne retire rien du fond de mes déclarations du 15 janvier. Je ne vois pas, par exemple, comment je pourrais signer avec tel ou tel pays un accord de coopération qui ne prendrait pas en compte ce que jai dit à propos du bon usage de la rente pétrolière, de la transparence et de lefficience. Il ne sagissait donc pas dun simple effet dannonce
je ne peux pas avoir dit mes quatre vérités, après mûre réflexion, et faire ensuite comme si de rien nétait ».
Jean Marie Bockel affirme que ses propos nont pas eu que des échos en Afrique « au niveau des sociétés civiles, des étudiants, des cadres », « des ministres européens mont également félicité ».
Quant à Nicolas Sarkozy, Jean Marie Bockel dit qu« Il sest exprimé, de façon très positive, à loccasion de ses vux au corps diplomatique, le 18 janvier
je ne mattendais pas à ce que le président consacre tout un paragraphe au thème de « lAfrique a changé, et la relation de lAfrique avec la France doit aussi changer ». Puis annonce quil me confiait la mission de réfléchir à une action plus proche de la société civile et de la jeunesse africaines. Et pour cause : ce dernier point ne figurait pas dans la mouture originelle de son discours ».
Lorsque Jean Marie Bockel a annoncé cette nouvelle a Kouchner, Rama Yade, Jean-Pierre Jouyet, ils ont tous "échangé un sourire entendu".
Aux dinosaures dAfrique centrale de comprendre le malaise que pose leur entêtement a saccrocher au pouvoir et à refuser de sadapter aux normes internationales de démocratie et de bonne gouvernance.