Lopposition se saisit de la crise des «subprimes»
Stéphane de Sakutin AFP ¦ Le porte-parole du PS Julien Dray au siège de ce parti à Paris le 29 mars 2004
Lopposition se saisit de la crise financière pour interpeller le gouvernement. «Nous interrogerons le gouvernement sur les conséquences de cette crise boursière sur la croissance à venir et sur sa stratégie économique, avant et après cette crise», a prévenu Julien Dray, député de l'Essonne et porte-parole du PS,
dans une interview donnée au Parisien. Jeudi, Christine Lagarde a affirmé quil ny aurait pas de «contamination» de la crise financière actuelle à léconomie réelle et quelle maintenait ses prévisions de croissance pour la France en 2007.
Laurent Fabius fait, lui, la leçon au gouvernement
dans une interview accordée à Libération, daté de vendredi. «Cette crise était prévisible», sermonne le socialiste. Il remarque un «flottement» dans la réaction des autorités alors même quil « fallait une réponse psychologique forte». Interrogé sur les solutions à la crise, lancien premier ministre appelle le pouvoir politique à mettre «sur la table la question des hedge funds», ces fonds dinvestissements spéculatifs.
Le PS demandera aussi des explications sur «le niveau d'implication des banques françaises et des investisseurs institutionnels, notamment les compagnies d'assurances dans la crise immobilière américaine», au vu du fait que «la bourse française est celle qui a le plus réagi à cette crise», daprès Julien Dray.
Derrière le krach, «des millions dhommes et de femmes»Pour sa part, le parti communiste dénonce linaction du gouvernement dans un communiqué diffusé vendredi. «Après dix jours de silence, le gouvernement et le président de la République semblent bien décidés à ne rien faire», observe le PCF. Quant à la ministre de lEconomie Christine Lagarde, elle a beau avoir écourté ses vacances, elle nest quune «simple spectatrice de la crise». Et le PCF de rappeler que «derrière la possibilité de krach, ce sont des millions d'hommes et de femmes qui risquent le surendettement et le chômage».
Comme en écho, Claude Mailly, le secrétaire du syndicat Force Ouvrière, stigmatise une «financiarisation débridée de l'économie» pouvant «menacer l'économie réelle, dont l'emploi». Dans un communiqué, il appelle les autorités à «prendre leurs responsabilités», après avoir «abdiqué» devant le marché.
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