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Le vendredi 4 janvier 2008
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A noter sur votre agenda : Laurent Fabius sera le principal invité de l'émission "Ripostes", animée par Serge Moati, sur France 5, dimanche 6 janvier à partir de 17h45. Dans la presse : BerluskozysmeTribune publiée par Laurent Fabius dans le journal Libération. Le Président français aimerait, paraît-il, quon le compare à la chancelière allemande, Madame Merkel. Après huit mois dexercice élyséen, une autre comparaison vient malheureusement plutôt à lesprit : Sarkozy-Berlusconi. Avec le berlusconisme, le sarkozysme partage en effet au moins trois traits essentiels. Dabord le rapprochement entre la droite et lextrême droite. Noublions pas que cest ce rapprochement qui explique les résultats électoraux dans la France actuelle comme dans lItalie dhier. Certains sen réjouissent, y voyant la réintroduction dans le champ républicain dun électorat autrefois latéral. Voire ! Cest oublier que lopération comporte un prix lourd : tests ADN requis pour filtrer les étrangers, chasse aux sans papiers jusque dans les écoles, rupture désormais marquée avec notre tradition laïque, approche simpliste de la situation des banlieues - sur ces points, le Président français se retrouve plus proche des thèses du Front national que du gaullisme quil a manifestement passé par dessus bord. En politique extérieure aussi, beaucoup daspects rapprochent M. Sarkozy et lancien Président du Conseil italien. Nous sommes - et cest très bien ainsi - les amis et les alliés du peuple américain. Cette amitié et cette alliance ne justifient pas un quasi-alignement sur la politique bushiste ni en Irak, ni en Iran. Elles nimpliquent pas davantage la banalisation programmée de la position française au sein de lOTAN. Avec, en prime, une certaine complaisance concernant des atteintes aux droits de lhomme. Enfin et surtout, M. Berlusconi a bâti son pouvoir personnel sur sa domination des médias, M. Sarkozy emprunte le même chemin. Sans doute ne possède-t-il pas lui même directement ces médias, cest laffaire de quelques proches. Mais le système est tout autant cadenassé et anti-démocratique. Cest bien un régime nouveau qui a commencé de sétablir où sadditionnent tristement révérence et concentration autour de certaines puissances dargent, confusion entre le peuple et le people, mépris pour les contrepoids traditionnels de la démocratie. Certes, le Président français comme son alter ego italien ne manque ni dénergie, ni de talents. Certes, sa victoire na été possible que par la conjonction de la lassitude envers limmobilisme précédent et de la défiance envers la gauche. Une gauche divisée, souvent porteuse non pas comme elle le devrait, dune vision mobilisatrice pour lEurope et pour la France, mais dune alternative décevante entre télévangélisme égotiste et arrangements mollassons. Mon pronostic ? Le berluskozysme français napportera pas plus de résultats économiques et sociaux que son cousin transalpin. Linnovation industrielle sociale, écologique, démocratique, culturelle, qui serait indispensable à notre pays ne sera pas au rendez-vous. Le pouvoir dachat du plus grand nombre, salariés et retraités, stagnera quand il ne régressera pas. Les chiffres du chômage ne reculeront que sous leffet mécanique de la démographie. Et les quatre grandes menaces mondiales - terroriste, nucléaire, climatique, financière - feront lobjet sans doute de moulinets médiatiques, mais, je le crains, daucune initiative vraiment décisive du président français. Quant au débauchage de quelques personnalités autrefois de gauche attirées par lodeur de la soupe, ce nest pas lui qui changera la donne. Faut-il alors se décourager ? Certainement pas ! Le début dannée est propice aux bonnes résolutions. Je formule celle-ci, avec détermination : face au berluskozysme, il est temps de relever le défi... et la tête. |
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