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Moi Bertrand KISSANGOU, je fais ce blog pour parler de mes coups de gueules et délires.piku

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Nicolas Sarkozy : beaucoup de mots, peu de résultats

Nicolas Sarkozy et Tony Blair, le 17 décembre 2007 à Paris

Nicolas Sarkozy : beaucoup de mots, peu de résultats

Nicolas Sarkozy avait voulu un événement à la mesure de son omniprésidence pour tenter de sortir de l’ornière des sondages de plus en plus défavorables. Le 8 janvier 2008, il a donc convié plus de 600 journalistes français et étrangers à une conférence de presse « fleuve ». Dans la salle des fêtes de l’Élysée, il a alors tenté d’expliquer sa feuille de route… Et ses histoires de coeurs.
Retour sur dix phrases marquantes de cette nouvelle étape du « Sarko-show » analysées par trois députés socialistes devant leur écran.

Michel Sapin, secrétaire national du PS à l’économie et à la fiscalité

« 2008 doit marquer la fin des 35 h »

« On y est… C’est l’aveu d’un des objectifs fondamentaux de la droite et du patronat : non pas la suppression des 35 heures mais plutôt la volonté d’en finir avec la durée légale du travail. Derrière cet aveu se cache l’une des plus graves contradictions du gouvernement. Dans un premier temps, il nous parle de revaloriser les heures supplémentaires et de monétiser les RTT avec le fameux « Travailler plus pour gagner plus », et dans un second temps, il parle de supprimer la durée légale du travail et donc, les heures supplémentaires. Le gouvernement ne retient en fait que le cadre prévu par l’Union européenne avec une durée du temps de travail maximum de 48 heures. S’il y a rupture, elle est bien là ! Mais c’est une rupture qui nous ramène au XIXe siècle, à l’époque où le patron fixait la durée du travail et le salarié la subissait. »

« Le pouvoir d’achat est une préoccupation concrète des Français parmi tant d’autres »

« Il avait pourtant dit qu’il serait le président du pouvoir d’achat. C’était pour lui la préoccupation première des Français pendant la campagne électorale. Cela s’est concrétisé par la loi « Travail, Emploi, Pouvoir d’Achat » (TEPA) appelée également paquet fiscal. Mais comme ce texte n’a pas donné d’effets, un deuxième texte est en discussion en ce moment au Parlement. Il n’arrive plus à cacher l’évidence de la baisse du pouvoir d’achat. Il n’hésite pas à dire « qu’il ne peut pas distribuer de l’argent qu’il n’a pas parce que les caisses sont vides. » Comme le disaient certains, « le roi est totalement nu en matière de pouvoir d’achat. »

« Le capitalisme financier a besoin d’être moralisé »

C’est une évidence dont on aimerait simplement voir comment elle se traduit dans les faits. Mais il n’y a pas que la moralisation, il y a aussi la régulation. Car sans régulation, le capitalisme financier est le plus sauvage des capitalismes. C’est celui qui transforme tout en argent et qui ne juge de la viabilité des choses qu’en termes de rentabilité financière. Il faut que le président de la République comprenne qu’il n’est plus à un moment où il peut se contenter de mots et de slogans, mais qu’il est bien aux responsabilités et qu’à ce titre, on attend de lui des réformes et des décisions.

« La conjoncture est moins bonne qu’espérée : c’est comme ça, il faut assumer »

Le problème c’est que la conjoncture est encore moins bonne en France qu’elle ne l’est dans le reste des pays d’Europe. Le juge de paix n’est pas le niveau de croissance en France, c’est la comparaison avec celui des autres pays européens. Aujourd’hui la France est largement en dessous de la moyenne européenne et ce n’est pas le fruit du hasard. La conjoncture ne tombe pas d’en haut comme semble l’indiquer le président de la République, c’est le fruit d’une politique menée ces derniers mois et ces dernières années. Oui, la conjoncture mondiale est plus difficile, mais les conséquences des décisions prises en France ont encore aggravé la situation.

Marisol Touraine, députée de l’Indre-et-Loire

« Un pouvoir personnel? Quel pouvoir personnel ? »

Cette conférence de presse a montré le style très personnel de Nicolas Sarkozy, marqué par une affirmation du pouvoir et une certaine virtuosité en matière de communication. Prétendre que le chef de l’État est un dictateur est cependant sans fondement. Dire qu’il veut être sur tous les fronts, qu’il décide, au risque de voir son gouvernement patiner et qu’il donne le tempo est en revanche parfaitement fondé. Mais soyons clairs. Sarkozy est toujours en campagne, sans se préoccuper de l’équilibre de nos institutions. Face à l’échec de sa politique, il est tenté de reprendre la main par une « séquence » de démonstration qui devait se conclure avec le grand show de l’UMP du 12 janvier.

« L’hôpital est en déshérence. Ce sont les 35 heures qui lui ont porté le coup de grâce »

Mettre sur le dos des 35 heures les difficultés récurrentes du secteur hospitalier n’a aucun sens. Et ce, même si la mise en oeuvre de l’aménagement et de la réduction du temps de travail dans ce domaine n’est pas notre plus grande réussite. Ici encore, Nicolas Sarkozy s’est contenté de mettre l’accent sur plusieurs questions-clés sans fournir la moindre réponse concrète. Tant et si bien qu’aucune politique sérieuse n’a été envisagée à ce jour pour permettre l’accès universel aux soins.

«La France doit avoir une diplomatie de la réconciliation, elle doit parler avec tout le monde »

Personne ne conteste le fait que la France doit nouer le dialogue avec le plus grand nombre d’interlocuteurs possibles. La Libye a d’ailleurs évolué favorablement sur la scène internationale, en entrant dans le concert des nations depuis plusieurs années. Ce qui est plus contestable, c’est le faste avec lequel le président a reçu le colonel Kadhafi,alors que les infirmières bulgares et le médecin palestinien détenus en captivité ont été retenus et torturés sur ordre du gouvernement libyen, avant d’être libérés. Sans compter que les contrats annoncés à renfort de communication ont été rédigés bien avant l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Élysée. Les propos du président à l’égard de Vladimir Poutine, lors de son déplacement en Russie, m’ont également surprise dans la bouche d’un président qui a fait campagne sur le thème des droits de l’Homme.

« Il faut aller jusqu’au bout d’une politique fondée sur les quotas en matière d’immigration »

Le principal enjeu de la politique des quotas, c’est de permettre à des personnes étrangères de travailler dans l’Hexagone, sans le moindre espoir de regroupement familial. Nul ne peut contester un meilleur contrôle des flux migratoires. La question est de savoir sur quelles bases. Souhaitons-nous une immigration de travail ou acceptons- nous le droit pour les intéressés de disposer d’une vie familiale normale et décente ? Nicolas Sarkozy et le gouvernement ont fait leur choix en supprimant toute possibilité de regroupement familial.

Julien Dray, député de l’Essonne, porte-parole du Parti socialiste

« On a débloqué des moyens considérables pour sortir l’université d’un état de délabrement »

Pour l’heure, seules dix universités sont dans le viseur de l’Élysée. Autant dire que les inquiétudes soulevées par les manifestations étudiantes de novembre ne sont pas totalement infondées. Le risque est de voir surgir un système élitiste sur lequel régneraient les facultés dotées de moyens illimités, auxquelles feraient face de véritables dépotoirs dénués de moyens. Àforce de vouloir concentrer l’essentiel des moyens sur les dix principales universités françaises, le gouvernement concentre tout ou partie des richesses sur un nombre limité d’établissements qui pourront compter, le cas échéant,sur des fonds privés. L’inégalité est de mise !

« Nous allons supprimer la publicité sur le service public »

Ce n’est pas forcément le meilleur service à rendre au secteur public. Le danger c’est que celui-ci en vienne à se dégager des contraintes d’audimat en devenant élitiste. En agissant ainsi, Nicolas Sarkozy prend le risque de marginaliser le service public au sein même du paysage audiovisuel français. Lorsque le Parti socialiste s’est penché sur la question des coupures publicitaires, il n’a pas manqué de prendre en compte cette dimension. Qu’il faille distribuer des ressources budgétaires pour asseoir le service public est une chose. Mais la solution préconisée par l’Élysée n’est pas la bonne.

Propos recueillis par Damien Ranger et Bruno Tranchant

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