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Un renoncement
Ce que prévoit ce texte ?
Bilan du sommet de Lisbonne
Le travail du PS sur cette question
Benazir BHUTTO après 8 années dexil, revient en déclarant quelle ne voulait pas se laisser intimider par les terroristes quels quils soient. Après lattentat contre elle qui la visait directement et qui au dernier compte a touché environ 150 personnes, ses dernières déclarations sur sa volonté de continuer le combat, et de ne pas renoncer, sont admirables.
Nous voulons donc au nom du Parti socialiste saluer le courage de cette femme qui ne renonce pas à mener un combat démocratique dans un climat dextraordinaire violence, face à lobscurantisme le plus absolu.
Bilan du mouvement social du 18 octobre
Le Parti socialiste se félicite de la réussite de cette journée de grève. Le seul divorce que nous constatons désormais est celui de Nicolas SARKOZY avec les salariés qui ont bien compris que derrière cette volonté de prétendue réforme des régimes spéciaux, il y a surtout une volonté de démanteler les principes de solidarité qui régissent les systèmes de retraite. On voit bien que ce qui commence avec les régimes spéciaux se poursuivra par le démantèlement de lensemble du système des retraites par répartition. A ce titre, cest une journée dalerte utile. Nous espérons quelle inspire le gouvernement pour quil sorte de cette logique de durcissement, de conflit et de blocage quil a choisie lui-même dengager avec les salariés. Il faut quil revienne à la table des négociations, y compris sur la question des régimes spéciaux qui doit être intégrée au régime général des retraites et ne pas être singularisée.
Manifestation de Lisbonne
Un événement passé sous silence dans la presse française aujourdhui, est la manifestation de Lisbonne hier qui a réuni pas moins de 150 000 personnes qui ont défilé contre la flexsécurité. Il faut être extrêmement attentif pour en trouver une trace dans les commentaires de ce matin. On sattarde beaucoup évidemment sur la question du mini traité qui faisait lobjet de la réunion des dirigeants européens hier, mais peu sur le fait que des salariés européens manifestent contre cette flexsécurité. Que signifie ce mouvement ? Quil y a aujourdhui une grande inquiétude chez les salariés européens vis-à-vis dune construction européenne qui se fait de plus en plus au détriment des droits des salariés. Ils sont de plus en plus vulnérables et là où on leur vante un modèle de sécurité, les salariés des différents états membres voient beaucoup de flexsécurité, beaucoup de remises en question de leurs droits et peu de droits et de protections supplémentaires qui se nichaient derrière le vocable sécurité.
Ceux qui ont manifesté sont en faveur dun maintien ou dun développement des droits du travail. Il est invraisemblable que pour nombre de dirigeants européens, le progrès soit forcément synonyme de remise en cause des droits sociaux et dallongement des cotisations ou de la durée du travail et pas dépanouissement pour les salariés.
La signature du mini traité de Lisbonne
Le mini traité signé hier à Lisbonne relève davantage du règlement intérieur de lUnion européenne que dun nouveau traité fondateur pour lUnion. Les caractéristiques de ce texte en un mot. Ce traité renonce à la constitutionnalisation des politiques de lUnion européenne. L énumération limitative dun nouveau traité constitutionnel européen gênait autant les partisans du oui que ceux du non, en France, car elle limitait les objectifs de lUnion européenne. Le fait que ces politiques ne soient plus constitutionnalisées constitue une différence avec le traité constitutionnel européen préalable.
Ce nouveau traité ne sinscrit cependant dans aucune perspective historique.
Sil répond à limpasse institutionnelle en raison de ses différentes vagues délargissement, sil permet à lUnion de mieux fonctionner à 27 quelle ne fonctionnait jusquici, ce traité ne prend pas du tout la mesure de nouvelles vagues dadhésions possibles à lUnion et ne prend pas non plus en compte la nécessité de se doter de réels instruments politiques, dans des domaines comme limmigration ou lénergie. Ce sont des outils nécessaires à la construction européenne qui ne trouvent aucune forme de réponse dans ce mini traité.
Jobserve que léquilibre entre les principaux états est modifié, puisque la pondération des votes se fera sur une base démographique au Conseil et que le maintien du caractère rotatif de la Commission donne une place extrêmement importante aux petits états. On peut se poser la question de savoir si ce nouvel équilibre va faciliter le fonctionnement lUnion européenne ou si au contraire il va lui permettre davoir des politiques structurantes fortes, ce dont on peut douter.
Les coopérations renforcées sont toujours aussi difficiles à mettre en uvre, car elles requièrent un seuil plancher de 9 états pour être mises en uvre et ce plancher rend difficile la capacité daller plus loin pour certains états, sils le souhaitent. Cest un des regrets que nous avons aujourdhui. Constatons que sur ce point, que Nicolas SARKOZY a échoué à trouver un point déquilibre avec le précédent traité entre les partisans du oui et les partisans du non.
Enfin les grands absents de ce mini traité, sont la politique fiscale, sociale, budgétaire et monétaire, autant de sujets sur lesquels le mini traité navance absolument pas. Sur ces sujets lourds, les socialistes européens avaient insisté pour quil y ait une modification du cours des politiques européennes. Aucun de ces sujets ne fait lobjet dune quelconque évolution et cest pour nous un réel sujet dinquiétude pour lavenir.
Au résultat, le bilan est assez médiocre. Nous navons pas dinstrument qui permette de relancer la construction, mais un outil qui permet tout juste de fonctionner à 27. Cétait le mandat minimum quon pouvait attendre des chefs dÉtats de lUnion européenne. Cela ne permettra pas de relancer lUnion européenne, contrairement à ce que prétend le président de la République. Cest pour nous lobjet dun regret, car nous pensons quil était possible de faire davantage en ce sens, notamment sur la question des services publics, de la fiscalité ou de la politique monétaire. La fenêtre de tir utilisée par Nicolas SARKOZY était davantage de faire de la communication pour dire que ce mini traité permettait un déblocage du fonctionnement des institutions européennes, plutôt que dinscrire lEurope dans une perspective historique
Le Parti socialiste maintient sa position sur ce mini traité. Là où les Français ont dit non par référendum à un traité, il paraît essentiel que la ratification de ce nouveau traité ne se fasse pas dans le dos des peuples. Nous sommes toujours favorables à ce que sur la question de transfert de souveraineté supplémentaire contenu dans le traité, la voie référendaire soit privilégiée. Un groupe de travail a été mis en place par le Bureau national du Parti socialiste. Il y aura une délibération collective des socialistes sur ce texte, tant sur la méthode de ratification que sur son contenu. Dans les semaines qui viennent, le Parti socialiste sexprimera sur ce texte comme sur sa propre vision de la relance de la construction européenne et sur ce qui nous paraît nécessaire de faire lors de la présidence française de lUnion européenne pour le second semestre 2008.
Lépisode privé du couple Sarkozy
Nous navons pas de complémentaire à faire sur cet épisode, sauf si cet épisode devenait lobjet dune communication politique de la part du président de la République lui-même ou sil devait passer de la sphère privée à la sphère politique. Nous dénoncerions à ce moment-là ce qui est cette course folle à la pipolisation de la vie politique française, à laquelle nous voulons nous soustraire.