www.laurent-fabius.net Dernière minute<?XML:NAMESPACE PREFIX = O /><O:P></O:P>
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Lex-ministre des Finances Laurent Fabius, dénonçait mercredi dans un communiqué le « manque de clairvoyance, de transparence et de cohérence de la plupart des prétendus spécialistes » dans la crise des subprimes. Pour Libération, il sexplique.<O:P></O:P>
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Qui sont ces « prétendus spécialistes » que vous fustigez ?<O:P></O:P>
Pour moi, il y a eu un défaut de prévoyance considérable de la part des prêteurs américains, puis des banques - en particulier des fonds et des hedge funds - ensuite des autorités de régulation et des agences de notation. Car, ce qui me frappe dabord, cest que cette crise était prévisible. Quand on a une masse de crédits distribués sans aucune garantie et quen même temps léconomie se contracte, il finit forcément par y avoir un retournement. Quand ces créances ont été titrisées, il était aisé de prévoir le risque. Autre chose qui me frappe : la contagion. Le système est si imbriqué que, très vite, on arrive à une crise. Et laspect psychologique joue à plein puisque, à partir dune affaire localisée, faute de transparence, on aboutit à une crise planétaire ! Le marché a vite compris que tout cela était opaque.<O:P></O:P>
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Les banques centrales ont-elles eu raison dinjecter massivement des liquidités ? <O:P></O:P>
Bien sûr. A partir du moment où le système interbancaire était bloqué puisque les banques refusaient de se prêter de largent, il fallait éviter la thrombose. Mais ces injections révélaient aussi que la crise était plus importante que prévu. Rajoutant à leffet psychologique et à la spirale de crise. Je dirais donc que la situation actuelle est le résultat dun manque de clairvoyance, dun défaut de transparence et dun effet contagion qui rend le système très fragile.<O:P></O:P>
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Avez-vous le sentiment quil y a un pilote à la tête de la finance mondiale ?<O:P></O:P>
Il ne peut pas y avoir un pilote ; il faut quil y ait des pilotes. Et ces pilotes, ce sont les autorités américaines (pour ce qui est des prêts immobiliers), les régulateurs nationaux, les agences de notation, les banques centrales - qui doivent impérativement se coordonner davantage - et les gouvernements eux-mêmes qui doivent tout faire pour éviter la contagion entre économie financière et économie réelle.<O:P></O:P>
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La ministre de lEconomie, Christine Lagarde, a affirmé quelle ne croyait pas à la contagion de léconomie française.<O:P></O:P>
Moi, jai bien peur quil y ait des conséquences sur la France. Car il y a une addition de facteurs qui poussent dans le même sens : climat de crise financière, décisions ponctuelles du gouvernement qui vont avoir des effets sur la consommation, telles la hausse de lélectricité, et aussi laugmentation des prix de lalimentation... Tout cela donne un climat morose, là où on nous annonçait une reprise. Alors que la croissance mondiale est très forte, cette crise risque daboutir un peu partout, y compris en France, à un freinage des investissements et de la consommation.<O:P></O:P>
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Aux manettes, que feriez-vous ?<O:P></O:P>
Je massurerais de lexistence dune bonne coordination entre les autorités financières internationales, dune vraie discussion avec la Banque centrale européenne car elle ne doit surtout pas relever ses taux. Et je mettrais sur la table la question des hedge funds (il faut espérer que les Américains vont réagir sur le sujet comme Angela Merkel le réclame depuis des mois) et des bulles financières. Car ce qui se passe dans limmobilier peut arriver dans dautres secteurs, je pense notamment à certains marchés énergétiques. Le problème cest que léconomie se « financiarise » totalement ; or les rendements financiers exigés sont sans commune mesure avec léconomie réelle. Comme les phénomènes de chute sont accélérés, cela donne à la fois un effet domino et un effet casino.<O:P></O:P>
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Les autorités politiques et financières réagissent-elles comme il faut ? <O:P></O:P>
Avant tout, il faut faire preuve de sang-froid et développer une vision internationale coordonnée. Or, dans cette crise, on a eu un sentiment de flottement. Dautant que nous sommes en août et que beaucoup sont en vacances. Il fallait une réponse psychologique forte des autorités publiques. Pour le moment, je constate quon est en pleine tempête.<O:P></O:P>
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Interview réalisée par Alexandra Schwartzbrod.<O:P></O:P>
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