Thomas Coex AFP ¦ Nicolas Sarkozy, que ses adversaires accusent d'être persona non grata dans les banlieues, a exalté mercredi lors d'un bref déplacement à la mairie de Villepinte, en Seine-Saint-Denis, la France "qui donne tout, pourvu qu'on sache la respecter et l'aimer".
Après plusieurs mois de
polémique, Nicolas Sarkozy est enfin r
etourné en banlieue, à Villepinte (Seine-Saint-Denis) plus précisément. Il faut toutefois relativiser cette information: le candidat de lUMP y est allé le matin, sans avoir prévenu beaucoup de monde, et il est resté une heure, sans bouger de la mairie - cest à dire dans la partie calme de la ville - avant de repartir au pas de course. Cest vrai quainsi, il a limité les risques dincidents.
Sur place, même les élus locaux de la majorité UMP navaient pas été alertés. «Non, personne ne nous a prévenus, nous ne sommes pas invités dans la salle, constatait hier Mohamed Zenasni. Cest quand même dommage que les Villepintois soient tenus à lécart dévénements qui les concernent.»
«Jai autre chose à foutre»Effectivement, les rares passants qui sarrêtent à la vue de la meute de journalistes qui attendent le candidat, ne sont au courant de rien. Et leur surprise est réelle quand on leur dit que Nicolas Sarkozy vient dans leur commune. Quatre jeunes Français issus de limmigration arrêtent leur voiture en face de la mairie. Eux-aussi sont intrigués par lattroupement. Hyper lookés, lunettes à la mode, ils savancent vers les journalistes.
- Quest-ce qui passe ici ? demande lun dentre eux
- Vous devriez rester, il y a Sarkozy qui arrive, leur répond un «perchman»
- Nannn, tu déconnes
Le jeune homme va annoncer la nouvelle à ses copains qui ne le croient pas dans un premier temps. Ils se charrient quelques instants puis décident de repartir. «Jai autre chose à foutre», balance lun dentre eux.
«Cette famille France»La présence policière est plutôt discrète. Les forces de lordre, en civil pour beaucoup, sont attentives au moindre groupe qui sapproche de la mairie, mais sans en faire trop.
Peu avant 10h30, Nicolas Sarkozy arrive et se dirige vers la mairie où doit se dérouler la cérémonie dentrée dans la nationalité française, objet de son déplacement.
Cette visite est loccasion pour le candidat dorigine immigrée de faire une déclaration damour à la France: «C'est dans cette famille, cette famille la France, qui accueillit jadis mon grand-père et mon père que je vous accueille à mon tour (
). Elle m'a tout donné, je lui dois tout. Elle vous donnera tout à vous aussi, pourvu que vous sachiez la respecter, que vous sachiez l'aimer. » A plusieurs reprises, il met en avant ses origines hongroises, comme pour répondre à Le Pen qui la qualifié il y a quelques jours de candidat «qui vient de limmigration».
Vite fait, bien faitDans la salle ont pris place les 14 «nouveaux Français» plus quelques nouveaux électeurs invités pour loccasion. Sans oublier les employés municipaux. Une cérémonie en cercle fermé autrement dit. A la fin du discours de Nicolas Sarkozy, la maire UMP Martine Valleton, espère que le candidat prendra le temps de rester un peu. «Nous allons prendre le pot de lamitié et le ministre [elle la appelé «ministre» tout le temps] sera à votre écoute», déclare-t-elle.
Mais découte, il ny en aura pas. Sitôt distribués les Livrets du Citoyen, le candidat quitte la mairie et après une halte improvisée de cinq minutes avec du personnel hospitalier, il repart dans sa voiture aux vitres fumées. Vite fait, bien fait.
David Carzon