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"Quand largent, le pouvoir et la presse sont à ce point mélangés, il y a danger pour la démocratie."
| Ce qui est en train de se passer aux Echos est grave. Voilà un journal dont lindépendance fonde la crédibilité, un journal qui gagne de largent, un journal dont le lectorat augmente. Il vient de tomber aux mains de Bernard Arnault, la première fortune de France contre lavis de sa rédaction qui sest mobilisée pendant quatre mois en dénonçant des risques sérieux de conflits dintérêt. Car, comment parler sereinement des activités des multiples filiales du groupe LVMH ? Comment traiter sereinement les résultats des groupes concurrents ? Comment rester politiquement libres alors que Bernard Arnault est un ami intime de Nicolas Sarkozy ? Parfaitement cynique, lElysée a non seulement couvert lopération mais sen est réjoui publiquement. Cest une formidable nouvelle pour un journal quun industriel achète 240 millions deuros, cest un prix très très important sest réjoui George Marc Benamou le conseiller culture et audiovisuel de Nicolas Sarkozy en reconnaissant, mais sans sen émouvoir, que oui, il risquait dy avoir des conflits dintérêt rédactionnels et éditoriaux. En même temps quil rachète Les Echos, Bernard Arnault vend La Tribune... La première fortune de France sarroge le droit de restructurer à son avantage le marché de la presse économique. Et le gouvernement ne trouve rien à redire. Quand on lui demande sil va saisir le conseil de la concurrence pour sassurer de la transparence de toute cette opération, il élude la réponse. Quand largent, le pouvoir et la presse sont à ce point mélangés, il y a danger pour la démocratie. |
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