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Jétais ce samedi 29 septembre 2007 à linstitut dEtudes Politiques de Paris appelée communément Sciences Po, pour une journée nationale déchanges et de réflexions.
Louverture des travaux a débutée par Claude Bartolone, qui a prôné pour une unité de la gauche afin de faire face à Sarkozy quel que soit le candidat, en donnant la parole aux militants. Aussi en adoptant avec la rénovation du parti socialiste, une idéologie et une stratégie commune. Il a en outre critiqué quelques mesures gouvernementales actuelles et est revenu sur les fameux tests dADN en disant que cela illustrait bien une différence entre un gouvernement de droite et de gauche.<o:p></o:p>
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Par la suite, il y avait la première table ronde qui avait pour thématique : Face au nouveau pouvoir, réinvestir la question économique et sociale. Le premier intervenant était Stéphane Rozès, directeur de linstitut du CSA. Il a développé ce que cest dêtre de gauche de nos jours, face à ces questions économiques et sociales. Pour nombre de français selon lui, le pays est à gauche pour le souhaitable mais à droite sur le possible. Il est revenu sur léchec de la gauche à la présidentielle, qui selon lui a relativisé sur la question du social en se dessaisissant de ses outils (logements, pouvoir dachat ), la gauche sest déporté à la marche du système dans sa représentation. Aussi elle était consensuelle pour dire ce qui nallait pas mais sans les propositions concrètes. <o:p></o:p>
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Puis est venu le tour de Jean-Christophe Cambadélis qui a débuté son allocution en disant que la présidentielle était derrière nous, quil fallait plus un esprit de camaraderie car tous les présidentiables ont leur chance. En ce qui le concerne, lon doit passer du socialisme passif au socialisme actif, aussi de préserver les services publics en harmonisant la protection sociale.<o:p></o:p>
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Par la suite, cest la vice-présidente du conseil général du Cher en charge des solidarités, qui a insisté sur le fait que nous cotisons tous pour les autres et que les autres aussi cotisent pour nous. Il faut éviter selon elle de culpabiliser les personnes âgées et les chômeurs, le terme dassistanat devra être proscrit. Puis est venu le tour du secrétaire national du PS aux entreprises qui a insisté sur le fait de porter un regard sur les avantages et les inconvénients de léconomie mondiale et non de se limiter sur la franco-française. Il a pris pour exemple quelques pays qui ont des taux de chômage moins élevés que la France, mais dont la plus part des emplois se limitent à la précarité. Il a terminé sur davantage de représentativité syndicale au près des salariés.<o:p></o:p>
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Par ailleurs, il y avait une deuxième table ronde avec pour thématique : Etre socialiste dans lEurope et face à la mondialisation. Le premier intervenant à cette table fut Huber Védrine qui a commencé par donner les raisons de son refus à intégrer le gouvernement de Sarkozy. En effet, il a dit quil était disponible pour rédiger un rapport qui pouvait être utile à la Nation mais non dintégrer un gouvernement qui ne prônait ses valeurs. Concernant la mondialisation, il a dit que la France était le seul pays à avoir un aspect négatif sur la mondialisation et que les Français nétaient pas assez préparés. Dailleurs pour beaucoup, léconomie de marché est dogmatique. <o:p></o:p>
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Ladjointe du Maire de Paris Anne Hidalgo a insisté sur limmigration dans la mondialisation. Elle a commencé par dire que la France était un pays de migrations et a insisté sur la richesse culturelle des migrations et des bienfaits que les immigrés qui sont stigmatisés de nos jours ont apporté à la France.<o:p></o:p>
Elle a ensuite dit quelle était elle-même fille dimmigrés, quil fallait surtout se focaliser sur les raisons qui poussent des personnes à partir de leurs pays, de trouver les moyens pour y remédier et non de se focaliser sur des quotas afin de satisfaire un électorat. En suite est venu le tour dArnaud Montebourg qui a surtout parlé de loutil démocratique dans la mondialisation et Benoît Hamon qui est revenu sur la nomination de DSK au FMI comme président. Selon lui, lélection dun socialiste à la présidence de cette institution est une bonne chose surtout pour les pays en voie de développement.<o:p></o:p>
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Enfin, la journée sest terminée par un discours de Laurent Fabius qui a commencé par critiquer la politique du gouvernement en place, notamment les cadeaux fiscaux donnés aux plus aisés quil a qualifié de transferts fiscaux puisque cest pris à la population. Selon Fabius, Cinq mois après la victoire de N. Sarkozy et la défaite de S. Royal, le pays voudrait croire à une amélioration, mais les Français commencent à constater les faits et doutent en profondeur. Les médias jouent un rôle majeur dans la stratégie présidentielle. Le pouvoir sélectionne divers thèmes, en fonction notamment des sondages, pour que le Président les investisse. Deuxième temps : un des thèmes est retenu, on met alors en scène limplication personnelle du chef de lEtat, on mesure limpact sur lopinion, on poursuit si cest positif, sinon on change aussitôt de thème. Le bombardement médiatique est si puissant et le tournoiement des thèmes si rapide que, malgré le courage de beaucoup de journalistes, les médias et lopinion sont réduits au rôle de suiveurs. Le but est déviter à tout prix le temps de lanalyse critique des faits.
Lutilisation systématique de lémotionnel et du compassionnel vient en renfort. La compassion dEtat est érigée en méthode de gouvernement. Après chaque fait divers retentissant, un ministre annonce une nouvelle loi alors quil devrait dabord faire appliquer celles qui existent. Pendant ce temps, lopium fait son effet : on ne sinterroge ni sur les causes, ni sur les vraies solutions. Déjà, on zappe et on passe à autre chose. Seuls comptent les images et les sondages.
Fabius souhaiterait que le temps dintervention audiovisuelle du Président et celui de ses collaborateurs soit désormais comptabilisé, et que soit accordé un temps équivalent à la majorité et à lopposition. Un texte devrait le prévoir, ce texte court quil a déjà commencé à écrire. « Lexpression pluraliste des courants de pensée et dopinion est une des conditions de la démocratie. Afin den assurer le respect, les radios et les télévisions doivent comporter dans leur programme un équilibre entre trois temps dintervention et assurer des conditions de programmation comparables : celui du Président de la République, de ses collaborateurs et des membres du gouvernement, celui des personnalités appartenant à la majorité parlementaire, celui des personnalités de lopposition », il souhaite quun article de ce type sur la démocratie médiatique soit inscrit dans la Constitution.
En conclusion, Laurent Fabius a insisté sur le fait que la solidarité était une des valeurs fondatrices de la gauche, quil ne fallait pas en avoir honte. Il faut selon lui une gauche décomplexée qui tienne compte de lévolution du monde.
Bertrand Kissangou.
Extrait vidéo de la Table ronde n°2
Être socialiste dans l'Europe et face à la mondialisation