À rebours de « limmigration choisie » prônée par Nicolas Sarkozy, seule une politique innovante de codéveloppement permettra de rééquilibrer les relations Nord-Sud et dendiguer les flux dimmigrants économiques.
Trois milliards dêtres humains, soit la moitié de la population du globe, vivent aujourdhui avec moins de deux dollars par jour. Cette misère lourde, profonde, nourrit limmigration vers leldorado des pays du Nord. Ceuta et ses barrières de grillage, le Sahara marocain, algérien ou libyen, la traversée en pirogue vers le « portail dentrée » des îles Canaries, rien ne résiste à labsence despoir quoffrent actuellement la plupart des pays africains à leur population.
La lutte contre cette inégalité Nord-Sud nest plus seulement une exigence morale et éthique, elle devient une nécessité politique, celle de prémunir lEurope de lafflux incontrôlable dimmigrants économiques. Les tentatives de réponses sont actuellement très diverses : lUnion européenne, avec lEspagne, la France et lItalie principalement, met en place une sous-traitance de la répression auprès des pays du Maghreb, de la Libye et du Sénégal, pour tenter de bloquer ce flux à la source, sur le continent africain.
Nicolas Sarkozy théorise « limmigration choisie », concept qui consiste à piller les cerveaux des anciennes colonies à notre profit, ce qui nest ni respectable, ni acceptable. LUE émet maintenant lidée dagences euro-africaines pour lemploi, afin de réguler les flots migratoires. Ces mesures, emplâtres sur une plaie béante, ne résoudront pas grand-chose car elles ne sattaquent pas à la nature consubstantielle du problème, celle de la misère et de linégalité de développement et de richesse entre le Nord et le Sud.
La question de limmigration est donc liée à celle du développement. Depuis une dizaine dannées, émerge avec force le concept de « codéveloppement ». Mais ce concept se traduira-t-il par une approche réellement innovante ?