La création de trois nouvelles franchises médicales au centre des critiques
Jean-Pierre Muller AFP ¦ Nicolas Sarkozy a annoncé mardi à Dax la mise en place d'une franchise pour les dépenses de santé visant à financer la recherche sur le cancer, les soins palliatifs et le plan Alzheimer, qui devrait être lancé avant la fin 2007.
Daccord sur les objectifs, pas sur les moyens. Plusieurs membres de lopposition et personnalités de la société civile ont sévèrement critiqué les
mesures annoncées ce mardi par Nicolas Sarkozy en matière de santé. Le président de la République était à Dax (Landes) pour une
visite consacrée aux questions de la dépendance due à l'âge ou à la maladie, et de la solidarité intergénérationnelle.
Principale annonce visée: la mise en uvre de trois
franchises médicales. A partir de lan prochain, les patients pourraient avoir à payer, 50 centimes deuros sur chaque boîte de médicament, 50 centimes sur chaque acte paramédical et deux euros sur chaque recours au transport sanitaire, jusquà un plafond de 50 euros par an. Les familles les plus modestes devraient être exemptées mais on ne connaît pas ecnore le seuil. Ces trois franchises viennent s'ajouter au forfait d'un euro sur chaque consultation ou acte médical déjà à la charge des assurés sociaux depuis 2004.
«Un renversement de notre modèle de solidarité»Le Collectif interassociatif sur la santé (CISS), qui regroupe des associations de malades et des familles de malades, dénonce «la poursuite dun renversement déjà amorcé dans notre modèle de solidarité». «Les malades trinquent pour les malades (
), car les bien portants ne consomment pas de médicaments, ni de transports médicalisés, ni dactes paramédicaux», affirme le collectif qui prédit que «dans dix ans, lassurance maladie remboursera péniblement 50% au lieu de 75% faute davoir réfléchi à temps à des solutions pérennes de financement de notre système de santé».
Lavenir du système de solidarité inquiète aussi le
Parti socialiste. Le président PS du conseil général des Landes, Henri Emmanuelli, indique que les mesures annoncées «ne rapportent qu1 milliard deuros alors que le déficit sera de 6,5 milliards deuros qui sajoutent aux 60 milliards de déficit accumulés sur les cinq années précédentes». Surtout, le président de la République a déclaré que les fonds dégagés serviraient à financer la lutte contre la maladie dAlzheimer et le cancer.
Appel à la mobilisation à la rentréePour le PS, le gouvernement «utilise la compassion en direction des malades du cancer ou dAlzheimer pour justifier une mesure impopulaire destinée à combler pour partie les conséquences de la politique de la droite en matière de protection sociale. Les socialistes mettent ainsi en parallèle les «13 milliards de cadeaux fiscaux» voté en juillet «pour une poignée de privilégiés».
Un collectif réunissant des professionnels de la santé, des partis politiques, des syndicats et des associations (médecins urgentistes de l'Amuhf, Attac, FSU, CGT affaires sociales, PS, PCF...) avait déjà appelé la semaine dernière à une mobilisation le 29 septembre contre cette promesse de campagne de Nicolas Sarkozy.
Plusieurs acteurs de la santé, parmi lesquels les médecins et écrivains Christian Lehmann et Martin Winckler, ont également lancé une pétition, qui a recueilli à ce jour plus de 52.000 signatures, indiquent-ils sur leur
site.
Des réserves se sont exprimées au sein du gouvernement même,
Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités actives, ayant proposé, pour atténuer les injustices qui pourraient en découler, la création d'un «bouclier sanitaire» qui permettrait que les sommes restant à la charge du patient ne puissent dépasser de 3 à 5% de son revenu brut.
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