Test ADN, même Pasqua est contre
Jack Guez AFP/Archives ¦ L'ex-ministre de l'Intérieur Charles Pasqua le 17 octobre 2006
Brice Hortefeux navait sans doute pas besoin de cela. Alors que le ministre de lImmigration et de lidentité nationale
présente mardi après-midi au Sénat son projet de loi sur limmigration, la mesure-phare du texte, les tests ADN comme preuve de filiation dans la procédure de regroupement familial est de plus en plus contestée, au sein même de la majorité.
Le dernier coup est venu de Charles Pasqua, sénateur UMP des Hauts-de-Seine, et ancien mentor de Nicolas Sarkozy au début de sa carrière politique, avant que ce dernier ne lui souffle la mairie de Neuilly. «Le choix des tests ADN n'est pas acceptable,
assène lancien ministre de lIntérieur dans «Le Parisien-Aujourd'hui en France». Cela rappelle de mauvais souvenirs, à nous gaullistes. On sait l'usage qu'ont fait les nazis de la génétique.»
«Les conséquences risquent d'être terribles»Il ajoute que «notre droit de la famille et, en particulier celui de la filiation, ne repose pas sur la biologie». «Sans même parler de l'adoption, il est possible en France d'élever un enfant qui n'est pas le sien».
«Et que se passera-t-il lorsqu'un demandeur de bonne foi découvrira qu'il n'est pas le père de l'enfant qu'il croit être le sien? Les conséquences risquent d'être terribles», souligne-t-il.
En commission, les sénateurs ont supprimé l'article introduit par les députés ouvrant la possibilité de tests ADN pour les candidats au regroupement familial. Thierry Mariani, député du Vaucluse à lorigine de lamendement, a défendu sa proposition, estimant que cest le seul moyen de lutter contre la fraude, et que les test ADN seront bientôt «léquivalent des empreintes digitales.»
Jack Guez AFP/Archives ¦ L'ex-ministre de l'Intérieur Charles Pasqua le 17 octobre 2006
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P. K.
20Minutes.fr, éditions du 02/10/2007 - 09h51